Endoscopie à l'exercice

INTERET DE L’ENDOSCOPIE A L’EXERCICE

Préambule :

Le diagnostic des pathologies des voies respiratoires supérieures du cheval athlète est essentiel lorsque des problèmes comme du bruit à l’effort ou une contre-performance apparaissent. 
L’endoscopie classique au repos est un examen courant bien connu des entraineurs, qui permet de déceler certaines pathologies, notamment dans les voies profondes. 
L’énorme inconvénient est que bon nombre de pathologies des voies supérieures ne se présentent que lorsque le cheval est pendant son exercice (ni avant, ni après!), tout simplement parce que c’est la forte dépression qu’il y a dans la gorge à ce moment qui déclenche le problème.
Certains problèmes détectés lors de cet examen peuvent s’opérer, avec des pronostics variables, d’autres ne sont pas opérables, et pour finir certains peuvent être résolus par traitement médical ou thérapie au laser sur cheval debout. On comprend donc aisément que cet examen permet de vous proposer une chirurgie ou non et d’adopter la technique chirurgicale la plus adaptée.

I/ Anatomie normale :
L’anatomie normale durant l’exercice avec une ouverture maximale de l’entrée de la trachée (abduction des aryténoïdes).
 
II/ Les pathologies fréquemment rencontrées :
Le but de l’examen, n’est pas contrairement à ce que l’on pourrait penser, de poser un diagnostic sur la présence d’un bruit anormal, mais de s’assurer qu’il n’y ait pas la moindre obstruction au niveau de l’entrée d’air. Effectivement, le larynx (l’entrée de la trachée) est le facteur limitant de l’entrée d’air pour un cheval puisque c’est de loin l’endroit où la section est la plus petite, c’est donc l’endroit qui limite le débit et c’est en plus un endroit ou l’air s’accélère fortement, il faut donc qu’il y ait le moins de perturbations possibles sur son trajet.
 
Les pathologies que nous allons vous présenter sont les pathologies principales pour lesquelles il existe un traitement chirurgical adapté :
-l’hémiplégie laryngée (communément appelée « cornage »)
-le déplacement ou luxation du voile du palais
-L’entrapementépiglotique
 
III/ Pourquoi cet examen et non un autre ?
Il n’existe pas beaucoup de moyen de voir ce qu’il se passe dans un larynx durant l’effort maximal d’un cheval, aucun vétérinaire ne courant assez vite à côté d’un cheval pour le suivre avec son endoscope, il faut impérativement embarquer l’appareil sur le cheval !
Peut- être avez-vous cependant entendu parler du tapis roulant, qui a eu son heure de  gloire il y a maintenant une bonne dizaine d’années, et qui garde à l’heure actuelle tout son sens dans le cadre de certains examens à l’effort (avec prise de sang artérielle par exemple).
Cependant, il est très difficile, voire impossible de recréer un effort de piste sur un tapis, très difficile d’y habituer un animal et impossible de recréer les contraintes mécaniques (jockey, sulky, sol profond, enrênements…).
Notre expérience et la vôtre s’accorde sur le fait que les pathologies à l’effort et particulièrement les bruits anormaux n’apparaissent pas toujours dans les mêmes conditions, certains chevaux sont plus propices à déclencher le problème lorsqu’ils sont tendus derrière un dos ou un leader, lorsqu’ils ont un cavalier un peu ferme dans sa monte, lorsqu’ils ont un enrênement un peu dur, lorsque le travail est fractionné, dans un terrain un peu pénible….
 
Voilà pourquoi notre choix s’est depuis longtemps porté sur ce type de matériel, et le retour d’expérience des différents spécialistes au travers le monde ces 10 dernières années nous donne raison.
La bonne vieille méthode d’écouter un cheval à la piste n’est pas obsolète pour autant, mais bon nombre de cas nous montrent que même en cumulant « l’expérience auditive » de vieux vétérinaires et entraineurs, il arrive que le diagnostic final ne soit pas celui attendu, ou que deux pathologies soient présentes et rendent alors une seul intervention inutile !
 
IV/ L’hémiplégie laryngée :  

C’est le fameux cornage, l’examen dans ce cas est parfois réalisé non pas pour diagnostiquer le problème, mais pour évaluer à quel point l’obstruction est gênante.
Dans d’autres cas, il peut aussi permettre de débloquer le cas d’un cheval « cornard » au repos, bien que performant, mais qui ne peut alors pas passer favorablement une visite d’achat.
L’examen, s’il prouve que le problème n’apparait pas à l’effort, peut rendre la transaction possible !
Il y a donc des chevaux qui s’aggravent à l’effort, d’autres pour qui c’est l’inverse !
Exemple d’un cheval au début de l’exercice dont l’hémiplégie est indécelable:
 
Le même cheval en milieu d’effort, le contour jaune représente la surface d’entrée pour l’air :
 
Le même cheval en fin d’effort dont l’aryténoïde gauche s’écroule et se fait aspirer au milieu de l’entrée de la trachée, rendant l’entrée d’air quasiment impossible :

V/ Le déplacement dorsal du voile du palais : 
C’est typiquement la pathologie qui arrive soudainement à l’effort, créant un bruit soudain. Cette pathologie ne peut pas être diagnostiquée au repos, au mieux elle est alors suspectée. 

L’examen nous permet ici d’en avoir la certitude et d’éventuellement opérer le cheval.
Cette pathologie est très dépendante de la position de tête et du comportement du cheval.
Cas d’un cheval avec le voile déplacé lors d’un effort faible (l’épiglotte a disparu sous une grande membrane qui flotte comme un drapeau au vent), et le même en fin d’effort avec le voile complètement aspiré ne laissant plus passer l’air :
 
VI/ L’entrapement de l’épiglotte :
Dans ce cas, l’épiglotte est enfermée dans une poche de tissu, c’est un petit défaut qu’a le cheval. Il empêche alors l’épiglotte de faire correctement son travail à savoir retenir le voile du palais. 
Cette poche gêne donc le passage de l’air, mais en plus elle prédispose le cheval à subir des déplacements du voile du palais. 
L’entrapement peut être facilement résolu grâce à un traitement au laser, le problème de voile est donc résolu et la chirurgie peut ainsi être évitée.

 

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